Acheter des PCBs en Chine directement au fabricant ?

La majorité des circuits imprimés est actuellement produite dans la région Asie-Pacifique (APAC) qui représente plus de 90% de la production mondiale de PCB, notamment la Chine qui couvre environ 50% des besoins mondiaux en PCB et PCBA à elle seule. Au cours des cinq dernières années, le secteur de la fabrication de PCB en Chine a progressé de 8,4% pour atteindre en 2018 un chiffre d’affaires de 95 milliards de dollars.  En dehors de cette région, il existe des fabricants de PCB en Amérique du Nord, Europe (France, Allemagne) et de plus petits acteurs en Afrique et Amérique Latine.  

Quel que soit leur lieu de production, les PCBs doivent le plus souvent être exportés de leur pays d’origine afin d’être assemblés. La Chine est un pays incontournable pour sourcer des PCBs mais il n’est pas toujours facile de gérer leur logistique et achat. Voici les points essentiels à connaitre.

Les 3 approches d’achats de PCB 

Il existe trois options pour sourcer des PCB :

1. Gérer les fournisseurs en direct

Tout d’abord, vous pouvez décider de prendre en charge directement la relation avec vos fournisseurs : vous sourcez, auditez, gérez et pilotez les fournisseurs. Le sourcing est relativement facile via le web, les salons comme Electronica, etc.  

Cependant, une fois la relation commerciale établie et pour construire une relation durable, l’interface commerciale ne va pas suffire car les équipes techniques vont devoir échanger. Si elles ne parlent pas une langue commune, l’acheteur devient rapidement le traducteur et le canal de communication principal entre les équipes techniques.  

Gérer le fournisseur en direct, c’est aussi prendre en charge la logistique d’importation. La plupart des fournisseurs de PCB vendent EXW ou FOB. Il faut sourcer un transitaire en douane familier du transit avec l’Asie et gérer les envois. Selon le flux de commande et les besoins de la production, il faut combiner les différents modes de transport (maritime, aérien ou express). Le groupage des commandes dans un envoi et la prise en compte du temps de transit sont très rarement pris en compte par les ERP, aussi la mise à jour des délais devient fastidieuse. A la réception, les éventuels contrôles des douanes, l’acquittement des droits et taxes, et le contrôle des factures de transport accroissent la complexité. Cela nécessite les ressources humaines adéquates, familières avec le transit en douane et le transport international, parlant Anglais couramment, si possible le Chinois.

2. Passer par un importateur 

Autre solution, vous pouvez avoir recourt à un importateur qui fera le sourcing et l’homologation des fournisseurs. C’est lui qui assurera intégralement la relation avec eux, gèrera toute la logistique car il vend une prestationglobale : les prix des PCB sont rendus en vos locaux. La responsabilité lui est déléguée, c’est lui qui prend en charge le risque industriel lié aux PCB.

3. Faire appel à un agent

Enfin, vous pouvez choisir de faire appel à un agent. Il va, selon le service apporté, faire du sourcing, piloter la logistique (apporter sa connaissance du transit et l’organiser, sa compétence linguistique) ou faciliter la relation quotidienne avec les fournisseurs. Il peut par exemple vous aider avec vos fournisseurs Chinois car il parle Chinois et sert donc d’interface. L’agent est soit rémunéré par l’entreprise qui achète soit commissionné par le fabricant

Comme pour la relation en direct, le risque industriel est porté par le fournisseur de PCB.

Choisir entre l’un des trois options requiert impérativement de faire une analyse du coût global. Outre le prix d’achat, l’analyse doit prendre en compte les coûts directs liés : 

  • Au sourcing et à l’audit des fournisseurs, 
  • Au transport et sa gestion,  
  • À la mobilisation de trésorerie supplémentaire. 

Mais aussi les coûts indirects dus à : 

  • La perte de flexibilité liée au temps de transport (notamment vis-à-vis de la mise en application de nouvelle version de PCB), 
  • Le temps passé par l’acheteur à des tâches qui ne relèvent pas forcément de sa mission.

Les moyens de transports 

Il existe quatre principaux modes de transport : 

  1. L’express (de 48h à 4 jours) : le plus rapide et le plus approprié pour les petits volumes (pour des prototypes par exemple). Il peut aussi être utilisé pour un flux assez important si les tarifs sont bien négociés. Bien souvent, l’intégrateur enlève la marchandise quotidiennement chez les fournisseurs. Ce mode de transport a un coût élevé
  2. L’aérien (7 à 10 jours) : Rapide mais cher, il est davantage utilisé pour les petites séries. On fait appel à un transitaire en douane qui prend en charge la marchandise au départ de l’usine ou une fois les douanes export faites, la stocke et la groupe avec d’autres marchandises.  Le transitaire négocie ses tarifs avec les compagnies aériennes. La surcharge en fuel vous est facturée par le transitaire afin qu’il ne soit pas dépendant du cout du kérosène.
  3. Le maritime (5 à 6 semaines au total) : Dès que les volumes sont importants et/ou que l’acheteur arrive à anticiper suffisamment, le transport maritime est privilégié car plus économique mais il est également plus long.  
  4. Le Sea-Air : constitue une alternative équilibrée. Pour le transit en provenance de Chine, la marchandise est acheminée par bateau jusqu’à Dubaï puis transite par voie aérienne.  Ce mode de transport permet d’économiser environ 30% du coût de transport par rapport à l’aérien et permet un gain de temps de 50% par rapport au maritime. 

Selon les modes de transport, le coût n’est pas calculé de la même manière :  

  • Aérien : les marchandises sont taxées au poids-volume. Au-delà de 6m3 pour 1 tonne, le prix est calculé en fonction du volume. 
  • Maritime : les marchandises sont taxées au poids 1 tonne pour 1 m3. 

 A noter que les PCBs comportant beaucoup de cuivre sont lourds et donc toujours taxés au poids. Plus le nombre de couche est important, plus le poids est important. 

Bien choisir son mode de transport en fonction des délais de livraison et des volumes traités est un moyen d’optimiser ses coûts.

Le contrôle qualité 

S’assurer de la conformité des PCB à vos besoins est bien évidemment un aspect critique. Il est important d’effectuer des audits qualité dans le cadre d’un processus d’homologation d’un nouveau fournisseur ou de vérification régulière. Un audit efficace portera sur l’évaluation de la maîtrise des processus de fabrication du fournisseur. Un audit documentaire de conformité à une norme, comme l’ISO 9000 ou l’ISO TS 16949, sera moins pertinent

L’acheteur ne dispose pas forcément de l’expertise requise pour effectuer les audits mais le recours à des organismes de contrôle ne constitue pas une solution pertinente pour autant. En effet, ces derniers effectuent des contrôles selon un protocole fournit par l’acheteur.  

Procéder à un audit en Chine revêt des difficultés complémentaires. Lors du déroulement du contrôle, le questionnement des opérateurs sur des points particuliers est difficile, peu parlent anglais et toute la documentation est bien évidemment en chinois. A moins que l’acheteur ne parle et écrive couramment le chinois, être accompagné par un traducteur, de confiance, est indispensable. Que le traducteur connaisse la fabrication du PCB est un véritable atout.  

Il faut noter aussi que la sous-traitance entre fabricants est une pratique courante en Chine, il convient de s’assurer que le site audité est bien celui qui assurera la production de vos produits.

En résumé, quelle que soit la méthode de sourcing que vous déployez, restez attentif au coût global, auditez et challengez régulièrement vos fournisseurs. Contrôlez et ajustez votre logistique.